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XIX. Confrontation
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Je regardai Meldir effarée tandis qu’Orchian s’avançait plus ténébreux que jamais.
« Alors Leiarwen, j’attends des explications ! »
« Ce serait plutôt à toi de m’en donner ! Comment as-tu pu faire une chose pareille ?! »
« Tu veux dire, comment TU as pu me faire une chose pareille. Ne confonds pas les rôles, c’est toi qui m’as trahi, toi que j’aimais tant, toi en qui j’avais confiance… Tout ceci n’était qu’illusion, tu t’es jouée de moi, comment as-tu pu ? »
« Je ne t’ai trahi que parce que tu m’avais trahie et trompée. Cette relation n’était basée que sur le mensonge ! »
« Mais je t’aimais ! Si j’ai agit de la sorte c’est parce que je t’aime aveuglément. Meldir était de trop, je n’avais pas le choix. »
« Comment peux-tu dire une chose aussi ignoble !!? Toutes les raisons du monde n’excusent pas ton geste, ni même l’amour que tu éprouves pour moi. Tu as tué ton propre frère, tu as mentit à tout le monde… Pourquoi ? Pour nous ? »
« Mais je te l’ai dis… parce que je t’aime et je ferai tout pour préserver notre amour. »
« Préserver notre amour… Oh mais il n’y a plus d’amour depuis le moment où j’ai su la vérité. C’est fini, tu as succombé au mal, notre relation est brisée et il est temps pour toi de te rendre. »
« Me rendre ?! J’espère que tu n’y as pas sérieusement pensé. »
« Non c’est vrai, mais si tu refuses, je me verrai dans l’obligation de te tuer et saches que je le ferai sans aucune hésitation. »
« Donc nous en sommes rendus là… Nous verrons bien si tu as le courage de me tuer… »
« Ne mets pas en doute ma détermination, tu risques de le regretter. »
« Mais oui, j’en suis certain… Ah ah ! De toute manière, ma puissance de combat surpasse largement la tienne ! Tu n’es pas de taille à m’affronter ! »
« Ah oui ? Que crois-tu ? N’oublies pas que ma magie est puissante… mon niveau est de très loin supérieur au tien ! »
« Tu me crois assez stupide pour ne pas y avoir pensé ? Regarde ! »
« Un pendentif de protection ? Où as-tu eu ça ?! »
« Il appartenait à un puissant guerrier que j’ai jadis vaincu. Tes pouvoirs n’auront aucun effet sur moi… Par contre mes lames te seront mortelles. »
Mince sans la magie je n’avais que peu d’espoir de remporter ce duel. Orchian sortit Saënla, son épée, de sa gaine et bondit sur moi. Je n’eux que le temps de l’esquiver mais il me blessa à l’épaule.
Impossible de prendre le dessus avec les armes ; Orchian a connu maintes guerres et il est un excellent guerrier. Ma seule chance et la magie. Je devais tenter pour le tout, sinon, il en était fini de moi.
Alors qu’il courrait dans ma direction pour me porter un coup fatal, je fis appel à mes pouvoirs et toute l’énergie qui me restait. Je me concentrai sur mon adversaire et je fis trembler les murs tant l’énergie était puissante.
Orchian comprit la mesure des mes pouvoirs lorsque je créais un bouclier de protection tout autour de moi, il s’arrêta brusquement. Je n’avais jamais ressentit une telle puissance auparavant et je sentais la terreur s’emparer d’Orchian. J’arrivai vers lui plus puissante que jamais et il comprit alors que son pendentif ne pouvait le protéger.
« Leiarwen ! Je t’en supplie, ne me tue pas, épargne-moi ! »
« Tu n’avais pas le droit de commettre de tels actes, tu ne mérites pas de vivre ! »
« Je t’en prie, je regrette ! Je t’en supplie, ne me tue pas… pas toi… »
Plus rien ne pouvait m’arrêter désormais, j’avançai d’un pas déterminé vers Orchian qui semblait terrorisé. Je le regardai droit dans les yeux et je voyais sa peur.
« Adieu… » dis-je en lui envoyant une puissante boule d’énergie qui l’éjecta plusieurs mètres plus loin. « Maintenant, tu vas mourir... »
« Noooon ! » entendis-je hurler.
Je me retournai et voyais Meldir qui se tenait debout devant moi.
« Non Leiarwen… Epargne-le ! »
« Mais il ne mérite pas de vivre, il doit mourir ! »
« Non ! Bien que ses actes lui soient impardonnables, tu sais aussi bien que moi qu’il n’en est pas entièrement responsable ! Un mal s’est emparé de lui, il ne sait plus ce qu’il fait. Leiarwen, écoute-moi… »
Ma colère était si profonde que je ne l’entendais même plus. J’envoyai alors des éclairs vers Orchian qui se tordit de douleur…il allait mourir, il le méritait.
Alors que je m’apprêtais à lui porter le coup fatal, mon geste fut arrêté par Meldir.
« Leiarwen, reprends tes esprits ! C’est fini ! »
Je le regardai perplexe puis repris mon calme. Il avait raison. C’était la fin, ses actes ne dépendaient plus de lui. Un mal s’était emparé de lui, Meldir en était convaincu et au fond de moi, je l’étais aussi.
« Leiarwen, qu’est-ce qui t’as pris ? Tu as failli le tuer ! »
« Je… je ne sais pas. Ma colère a pris le dessus… »
« Tu sais bien que tu ne dois te laisser envahir par de tels sentiments, ils sont nuisibles. »
« Je sais, je n’ai pu me maîtriser. »
« Que va-t-on faire de lui ? »
« Je crois que l’on va devoir le mener au Sarn. Cela risque de l’épuiser, mais nous n’avons guère le choix tant que nous n’avons pas trouvé de solution. »
« Oui, il est dangereux. Et comme tu le dis, nous n’avons guère le choix. J’espère qu’il tiendra d’ici là. »
« Je l’espère aussi. »
Nous transportâmes Orchian dans une petite salle qui semblait singulière, mais il en était tout autrement. En effet, au milieu de cette pièce était disposé un socle. Au-dessus, ce l’on appelait un panneau d’activation. En appuyant sur certaines parties de ce panneau, le sol s’ouvrit devant nous et fit apparaître un bloc de pierre. Nous étendîmes Orchian dessus et je mis en route Sarn. Il s’agit d’une technique consistant à immobiliser totalement le corps grâce à une forte énergie, mais ceci en enlève à la personne qui le subit. C’est pourquoi, il fallait faire vite, nous ne pourrons utiliser Sarn sur lui plus de 7 à 8 jours sinon nous provoquerions irrévocablement sa mort.
« Leiarwen, je peux te poser une question ? » me demanda Meldir.
« Oui bien sûr, je t’en prie. »
« Comment es-tu arrivée à un tel niveau et une telle puissance de magie ? »
« Euh.. Et bien…je voulais garder ceci secret… mais de toute manière tu en as déjà trop vu. »
« De quoi parles-tu ? »
« En moi coule le pouvoir des Adarsaël… »
« Pardon ? Mais comment est-ce possible ? »
Alors que je lui racontais toute l’histoire, il semblait avoir l’air de plus en plus septique.
« Qu’y a-t-il ? Quelque chose te déplait en cela ? » lui demandais-je.
« Disons que je ne suis pas sûr que tu saches gérer de tels pouvoirs… »
« Pourquoi cela ? »
« Pas que tu n’en ais pas la capacité, mais es-tu assez sage pour ne pas laisser tes sentiments intervenir et te dominer… D’après ce que j’ai pu en voir, il semblerait que non… »
« Tu doutes donc que je puisse arriver à me maîtriser. »
« Oui en effet. Et tu pourrais regretter si tu agis sans te contrôler. »
Il commençait à m’énerver et changeai brusquement de sujet.
« Meldir, ta plaie ! Tu perds beaucoup de sang… Viens avec moi que je te soigne. »
Je lui pensai ses blessures et nous retournâmes tous deux à nos chambres communes. Je réfléchissais… Meldir avait peut-être raison, je n’étais peut-être pas apte à posséder de tels pouvoirs. Car maintenant, je savais, les Créatures ne m’avaient pas transféré que leur pouvoir de vision, je crois que je possède désormais leurs facultés et leurs pouvoirs, bien que beaucoup ne soient pas développés et que je dois ignorer beaucoup de choses à leur propos.
Mais en moi il restait un espoir. Je pensais que si les Créatures m’avaient transféré leurs pouvoirs, c’est qu’elles avaient dû avoir des raisons. En effet, la théorie selon laquelle elles m’avaient transféré leur pouvoir de vision seulement car j’en possédais déjà la faculté semblait révolue.
Le sommeil commençait à me gagner, la journée avait été dure et chargée d’émotions. Mais tout était réglé à présent, Meldir était sauf et Orchian neutralisé.
L’essentiel était que chacun soit sauf et pour ce qui est d’Orchian, nous devrons nous hâter de le sauver. Je ne tenais pas à le perdre malgré tout.


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