Leiarwen

Orchian

le 08/05/2005 à 16h43
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Orchian *
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* (se prononce Orkian)


Orchian arriva six jours après son départ et nous avions juste eu le temps de préparer son arrivée. Meldir ne semblait pas être empressé de le voir mais je ne sus pas pourquoi.

Nous étions prêts à l’accueillir lorsqu’il passa les portes de notre cité. Il était accompagné d’un conseiller de notre père et montait un magnifique étalon au pelage noir.
Orchian était d’une rare beauté ; il avait de longs cheveux noirs et des yeux d’un bleu éclatant. Son visage avait des traits fins. Ce qui me frappa le plus, était ses cheveux si noirs, si rares chez un elfe, nous qui avons des cheveux relativement clairs.

Il descendit de son cheval et alla saluer Meldir puis se dirigea vers moi. Là il me prit dans ses bras et me pressa contre lui.
« Leiarwen, je suis si heureux de te voir. Tu as changé, tu es encore plus belle… » me dit-il en me caressant le visage.
Je rougis et ne savais trop comment réagir. Je ne me souvenais pas de lui et me contentais de lui dire un simple bonjour, ce qui sembla le vexer.
Meldir s’approcha de lui et lui expliqua que j’avais perdu mes souvenirs.

On le conduisit ensuite à sa chambre pour qu’il puisse se changer. Il enfila une très belle tunique d’un bleu nuit qui lui allait à ravir. Il alla discuter avec les conseillers et se chargea des affaires urgentes.

Puis il vint retrouver Meldir qui était en train de faire une séance pour ma mémoire. Les exercices étaient de plus en plus durs, j’avais du mal à cibler mes souvenirs, tout était flou. Je sentais l’énergie traverser ma tête et d’un coup plus rien. Meldir avait arrêté l’exercice.
« Leiarwen, tu ne te concentres pas ! Comment veux-tu souvenir de quoi que ce soit si tu as les idées ailleurs ?! »
« Ne la gronde pas, c’est difficile tu sais bien Meldir »
Je commençais à revoir clair, et je souris à Orchian pour le remercier de m’avoir défendu. Meldir avait l’air tendu, quelque chose devait le tourmenter.
« Et bien quand tu seras prête pour les exercices, fais-moi signe ! » dit-il en quittant la pièce.
« Wo il m’a l’air bien énervé ! Tu sais ce qu’il a ? »
« Non Orchian. Il semble perturbé depuis que notre père est partit, il doit sûrement être assez nerveux, peut-être a-t-il trop de responsabilités…je n’en sais rien. »
« Ne te traquasse pas, ça lui passera. »
« Oui, je l’espère. »
« Que dis-tu de te promener avec moi dans nos jardins ? Comme cela, nous pourrons parler un peu plus. Cela fait si longtemps, je suis sûr qu’on a tant de chose à nous dire. »
« Oh avec joie ! »

Les jardins étaient d’une grande splendeur ; de grandes allées bordés d’arbres centenaires et fleurs qui ne poussent qu’ici, grâce à la magie des elfes. Le soleil brillait, il faisait si bon. Nous nous arrêtâmes près d’une fontaine pour nous rafraîchir.

« Parle-moi un peu de toi. Je sais si peu de choses sur toi, même si j’ai l’impression de te connaître depuis bien longtemps. »
« Oh oui que nous nous connaissions bien ! Nous avons passé toute notre enfance et notre adolescence ensemble. Nous étions très liés… »
Il posa sa main sur la mienne, je sentis mon cœur battre. Je ne savais pas pourquoi, je ressentis une attirance. Son regard qui s’était plongé dans le mien me troubla.

« …Jusqu’à ce que mon père m’envoya me battre contre les armées Gwethgost. Cette guerre dura bien longtemps. Je fus capturé, puis torturé afin que je leur dévoile où se situait notre citée. Je ne leur ai rien dit, je préférais mourir plutôt que de leur livrer mon peuple. J’avais appelé, en vain, mon père. Je savais qu’il m’entendait, mais personne ne vint à mon secours. On me laissa dépérir dans cette horrible tour où l’on me torturait nuit et jour. Puis un jour, la guerre cessa enfin, et on vint me libérer. J’étais très affaibli et on me mena jusqu’à notre citée. »

Je voyais un sentiment de colère dans ses yeux.
« J’étais si en colère, si déçu que l’on m’ait abandonné dans mon misérable cachot. Mon père qui avait su tout des souffrances que l’on m’avait affligé, n’avait rien fait, à croire que mon sort lui était indifférent. Je ne lui pardonnai pas, et nous humes une grande altercation. Je ne supportais plus de le voir, lui qui m’avait laissé, qui m’avait abandonné. Ma colère et ma douleur étaient si profondes que j’ai bien failli le tuer lors de cette altercation. Ceci débuta d’une simple dispute et mes sentiments prirent le dessus…et nous entamâmes un combat dans lequel il a bien failli perdre la vie. Mon père n’ayant pas le courage de me bannir, ce fut Meldir qui s’en chargea. Je savais que on père se sentait coupable, c’est pour ça qu’il ne m’en voulait pas. Et que des années après il fait appel à moi pour gérer notre citée... »

« Alors si Meldir se conduit comme cela, c’est peut-être car il se sent mal à l’aise vis-à-vis de toi. »
« C’est possible en effet, mais cela fait si longtemps. Je pense surtout qu’il est déçu que mon père ne lui ait pas laissé le trône et qu’il a fait appel à moi. Mais changeons de sujet, je n’aime pas trop parler de ça… »
« Euh puis-je juste de demander ce que tu as fait après ça ? »
« Et bien, en secret mon père me demanda d’aller à Ninniach, une citée qui lui appartient et où je pourrais régner. Il se sentais si coupable, et n’osait pas dire à notre famille qu’il avait l’intention d’aider le fils qui a voulu le tuer. »
« Tu penses qu’il t’en veut toujours ? »
« Sûrement. »
« Alors pourquoi tu ne lui dis pas la vérité ? »
« Parce qu’il ne comprendrait pas, il n’a pas vécu ce que j’ai vécu, il n’a pas ressentit cette colère et cette tristesse que j’éprouvais. »
« Oui peut-être. Mais s’il t’en veut toujours, tu pourrais peut-être essayer. »
« Non je ne pense pas que ça soit une bonne idée. De plus je n’ai pas envie de ressasser de vieux souvenirs. »

« D’accord. Alors, parle-moi des années que nous avons vécu ensemble. »
« Hum, à cette époque…nous n’étions innocents et peu sérieux. Je me rappelle, nous adorions faire des farces ce qui nous valait quelques punitions. Je me souviens d’une fois, Mariann, un de nos cousins était venu nous rendre visite. Nous nous étions déguisés en Gwanath, tu sais, ces espèces de monstres que l’on nous contait quand nous étions enfants. Enfin bref, nous étions allés dans sa chambre, alors qu’il faisait nuit noire, et nous avions surgis d’un coup ! Cela lui avait fait une peur atroce et il s’était enfuit à toutes jambes. Le lendemain nous furent découverts….et bien sûr notre père nous donna une punition : nous devions nettoyer cette fontaine. Oui celle-ci ! Sauf que nous avions plutôt joué à nous envoyer de l’eau !!! »

« Hi hi ! Un peu comme maintenant ?! » lui lançai en lui envoyant de l’eau en pleine figure.
« Oh je vois que tu n’as pas perdu la main ! Regarde ce que je peux faire ! Elia nen ortha»
Il m’envoya une vague d’eau qui s’écrasa sur moi. J’étais complètement trempée. Mais je ne me laissai pas faire, et je fis de même.
Ce petit jeu dura jusqu’à ce que Meldir arrive.
« Vous croyez que vous avez encore l’âge de jouer à ça ? »
« Oh on s’amuse ! » lui disais-je en lui envoyant quelques gouttes.
« Je n’ai pas envie de rire Leiarwen, arrête ça ! »
« Qu’est-ce que tu es rabat-joie ! Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi te conduis-tu comme cela ? »
« Rien. Il n’y a rien ! »
« Arrêtez tous les deux ! » lança Orchian.
« Toi, on t’a rien demandé ! Tu ne devrais même pas être ici. Je me demande encore pourquoi mon père t’a laissé son trône ! On ne peut avoir confiance en toi ! »
« Il m’a laissé son trône car je suis plus mature et plus responsable que toi ! Et que lui au moins, m’a pardonné ! »
« Toi, plus mature ? ! Jusque là c’est toi qui joué dans cette fontaine ! Et sache que je ne te pardonnerai jamais, tu n’es plus mon frère depuis longtemps ! » hurla-t-il avant de partir d’un pas élancé.

Orchian parut profondément blessé.
« Tu vois, je t’avais dit qu’il ne comprendrais pas. »
« Je suis désolée…je ne pensais pas qu’il allait réagir comme ça »
« Tu n’as pas à être désolée, ce n’est pas ta faute. «

Je le pris dans mes bras, et le serrait très fort.
« J’espère que ça va s’arranger… »
« Moi aussi… »

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